Ayodélé OGNIN, l’amazone au chevet de l’entrepreneuriat féminin en Afrique

Bonjour chers lecteurs. En ce mois consacré à la promotion de la gente féminine, nous vous amenons du côté du Bénin, à la rencontre d’Ayodélé OGNIN.

Bonjour Ayodélé OGNIN. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs svp ?

Bonjour chers lectrices et lecteurs. Je suis Ayodélé OGNIN, je suis de nationalité Béninoise. J’ai obtenu mon baccalauréat en classe de Première. Ce qui  m’a valu l’obtention d’une bourse d’excellence de l’état Béninois pour poursuivre mes études universitaires en Algérie. Pour le choix de l’Algérie, je voulais apprendre l’arabe. J’ai donc fait une partie de mes études en Algérie avant de faire mon MBA en France. Je suis diplômée d’un MBA en Finance et Management d’entreprise de l’École Supérieure de Gestion de Paris et titulaire d’un Bachelor en langues et civilisation anglo-saxonne. J’ai travaillé 8 années dans le domaine de la finance, trésorerie bancaire, gestion d’actifs et fonds d’investissements avant de créer mon entreprise Wurami Consulting.

Qu’est-ce qui vous a motivée à démarrer l’aventure Wurami Consulting ?

Depuis toute jeune, j’ai vu ma mère faire face à plusieurs défis pour financer ces activités. Les banques ne voulaient pas lui passer de l’argent car ces projets ne les intéressaient pas en termes de rentabilité et retour sur investissement. Elle était obligée de composer avec les microfinances malgré les taux exorbitants. C’est depuis lors que j’ai décidé de créer une banque pour accompagner et financer les projets des femmes. C’était mon rêve d’enfant. Une fois adulte, j’ai décidé de créer une structure qui pourrait accompagner les femmes sur l’éducation financière et la gestion optimale de leurs ressources. La première source de financement, ce sont les recettes ; il est donc important de bien structurer son business modèle pour pouvoir développer son entreprise sans apport externe.

Wurami Consulting
Wurami Consulting

Vous êtes également l’initiatrice des programmes « Women Empowerment Masterclass » et « 2F Femme & Finance ». Visiblement, l’entrepreneuriat et l’autonomisation de la femme sont des causes qui vous tiennent à cœur.

Oui. Quand les femmes sont accompagnées, les familles sont plus épanouies, les enfants ont accès à une meilleure éducation, et c’est toute la communauté qui en bénéficie.

Quels sont vos principes clés en tant que Leader et entrepreneur ?

GOD First !! Prier, demander à Dieu de nous guider avant toute chose.

Investir en soi, dans son développement personnel.

Se faire former et être à jour dans son domaine d’expertise. Savoir s’entourer.

Savoir prendre soin de soi, et s’accorder du temps de repos.

En tant que femme entrepreneur, il est important de bien constituer son équipe, choisir des collaborateurs qui nous complètent et qui ont le sens de l’éthique et du respect de soi-même. Une personne qui se respecte saura respecter les autres et honorer ses engagements

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

DIEU, ma famille et les expériences de vies de mes proches.

Que représente l’Afrique pour vous ?

L’Afrique représente « wura mi » i.e. mon trésor en Yoruba. L’Afrique est une richesse dont on ne mesure pas la valeur, l’avenir du monde entier.

Merci de nous avoir accordé de votre temps pour nous partager votre parcours très inspirant.

Merci de votre intérêt.

Telebo Soundele KANGHA-ATCHINKWASSY, la fille de la forêt Ivoirienne

En cette journée spéciale du 08 Mars 2021, nous vous amenons à la rencontre de la social entrepreneur Ivoirienne Télébo Soundélé KANGHA-ATCHINKWASSY. Et oui, les leaders inspirants de notre continent ne sont pas uniquement de la gente masculine.

Bonjour Télébo Soundélé KANGHA-ATCHINKWASSY. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs svp ?

Bonjour. Je suis entrepreneure sociale de nationalité ivoirienne. Je vis à Abidjan. J’ai 35 ans. Je suis diplômée en Marketing et j’ai une expérience de 12 années en tant que manager marketing dans une société de gestion forestière. Je suis fille d’ingénieur forestier et en Côte d’Ivoire mon papa est considéré comme « le père de la forêt ivoirienne ». J’ai donc été sensibilisée et connectée à la nature dès mon plus jeune âge. C’est de là que vient ma passion pour l’environnement. C’est ainsi que j’ai mis sur pied, GREEN SKILL AFRICA, un cabinet de conseil en éducation et communication en environnement.

Qu’est-ce qui vous a motivée à démarrer l’aventure Green Skill Africa ?

 Mon évolution dans le milieu forestier a développé ma sensibilité aux enjeux liés à l’environnement, en particulier dans mon pays la Côte d’Ivoire. J’ai pu remarquer au fil des années qu’il y avait un déficit au niveau de l’éducation environnementale des populations, j’ai décidé de pallier le problème en créant cette start-up. 

GREEN SKILL AFRICA développe des programmes d’éducation relatifs à l’environnement et au développement durable pour toutes les catégories de la population et a pour projet également un centre de formation pour former les jeunes aux métiers liés à l’environnement. Notre Mission est de permettre la conservation de l’environnement par l’amélioration des connaissances de l’ensemble de la population sur le développement durable. Nos objectifs sont :

– d’agir concrètement pour la préservation de la forêt, la lutte contre le changement climatique et le développement des territoires,

– de participer à l’éducation des futurs citoyens pour une Côte d’Ivoire verte,

– de partager des valeurs écologiques et sociétales.

L’Afrique est ma base, mon socle. L’Afrique est une mère car dans ses bras je me sens en sécurité, dans ses bras je me sens aimée. L’Afrique est une sœur car je sais qu’elle ne trahira pas mes espoirs. L’Afrique est une amie, avec qui je partage mes meilleurs souvenirs et avec laquelle je nourris mes plus beaux rêves !!

Quels sont vos principes clés en tant que Leader et entrepreneur ?

Je préfère le terme « Valeurs ». Et les valeurs qui me conduisent en tant que leader et entrepreneure sont celles que m’ont transmises mon père, à savoir le travail, la solidarité, le respect de toute forme de vie et le courage.

Quelles sont les réalités de l’entrepreneuriat féminin dans votre pays ?

Les femmes en Côte d’Ivoire ont beaucoup moins d’opportunités professionnelles dans le secteur formel que les hommes. Elles sont donc, par survie, très nombreuses à entreprendre, mais en restant dans l’informel. Les choses commencent à bouger ces dernières années pour l’entreprenariat féminin notamment grâce aux soutiens que reçoivent les femmes à travers des programmes d’accompagnement à l’entreprenariat et au leadership féminin, qui donnent des outils aux femmes pour professionnaliser leur activité informelle. Le mentoring et l’émergence de communautés solidaires boostent également le business féminin.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

On va souvent chercher loin mais je m’inspire de héros qui me ressemblent, qui vivent mes réalités africaines. Et pour évoluer sous nos cieux, il faut une grande capacité de résilience. Et je retrouve cette résilience chez mes parents. Ce sont eux mes sources d’inspiration. Mon père, un enfant né au fin fond d’un village, qui est allé à l’école très tard, à l’âge de 12 ans, mais qui a cru en lui et n’a jamais abandonné face aux obstacles de la vie! Et qui à force de travail est devenu un acteur de développement majeur pour la Côte d’Ivoire. 

Ma mère, veuve avec 6 enfants, m’a appris à être humble, à être une bonne gestionnaire et indépendante.

Que représente l’Afrique pour vous ?

L’Afrique est ma base, mon socle. L’Afrique est une mère car dans ses bras je me sens en sécurité, dans ses bras je me sens aimée. L’Afrique est une sœur car je sais qu’elle ne trahira pas mes espoirs. L’Afrique est une amie, avec qui je partage mes meilleurs souvenirs et avec laquelle je nourris mes plus beaux rêves!

Merci de nous avoir accordé de votre temps pour nous partager votre parcours très inspirant.

Alibeta, l’art de dire Nous

Nous sommes un dimanche de Septembre 2020, un mois après la sortie officielle de la première collection de la Maison YOKK. Ma cousine Jennifer me contacte sur WhatsApp en début de soirée :

– Bonsoir Olivier. J’espère que tu vas bien.

– Je vais bien, merci. Et toi-même ?

– Cool de mon côté. Cet après-midi j’étais avec un de mes anciens profs d’ETICCA pour visiter l’espace culturel qu’il va bientôt ouvrir à Ouakam. Ca va beaucoup te plaire, c’est un peu comme La Boîte à Idée. Il faut absolument que tu vois ça !!

– As-tu des photos pour que je vois à quoi ça ressemble ?

– Voici des photos que j’ai prises sur place. (Elle me les envoie). C’est encore en chantier, mais je t’assure que le concept est ouf.

– D’accord, je vais y faire un tour.

– J’ai parlé de ta marque à mon ancien prof, et il pourra beaucoup t’aider à la développer. C’est un artiste qui a beaucoup de contacts dans le milieu de la culture.

– Ton ancien prof est aussi artiste ? Comment s’appelle-t-il ?

– Alibeta. Il était mon prof de sociologie à ETICCA, mais il est surtout connu comme chanteur, producteur et acteur. Tu dois sans doute le connaître. Il a d’ailleurs joué dans le film « Yao » qui est sorti cette année.

– Je ne connais pas cet artiste. Le film « Yao », j’en ai entendu parler mais je n’ai pas encore vu.

– Si entre temps tu tombes sur ce film, Alibeta est celui qui joue le personnage du chauffeur de taxi.

– Ok.

– Voici son contact. (Elle me l’envoie) Appelle-le dès que possible stp. Je lui ai dit que tu allais le faire.

– Pas de souci.

Comme tout jeune entrepreneur fleurant l’opportunité d’un partenariat professionnel intéressant, j’ai donc contacté Alibeta et nous nous sommes donnés rendez-vous le samedi suivant.

Arrivé sur place, nous avons visité tout l’espace culturel et Alibeta m’a expliqué la vision de KENU Lab.

« J’ai habité dans cette maison pendant 6 ans. Quand j’ai déménagé, la maison est devenue mon lieu de travail avec Ibaaku. A un moment donné, Ibaaku et moi nous sommes demandés ce que nous pouvions apporter à la communauté de Ouakam. C’est comme ça qu’est née l’idée de transformer ce lieu en espace culturel. Kenu en Wolof signifie pilier ; nous pensons que la culture et les arts sont les piliers d’une société. Dans ce laboratoire des imaginaires, nous expérimenterons la culture comme arme de construction massive. »

Nous avons également échangé sur un tas de sujets divers. Musique, entrepreneuriat culturel, éducation, sociologie, décolonisation, développement de l’Afrique, développement de l’homme… J’ai découvert un érudit ultra cultivé (un aperçu ici), qui connaît tout le monde ou presque tellement son réseau est vaste. J’ai surtout découvert un entrepreneur culturel très humble qui passe son temps à dire « Nous ». D’ailleurs, après un long moment d’échange, il m’a invité à prendre un café dans l’espace aménagé du patio.

– Alibeta, te rends-tu comptes que depuis le début de notre conversation, tu ne cesses de dire « Nous » ?

– Ah bon ? Répond-t-il en rigolant.

– Si si, je t’assure.

– C’est drôle ce que tu dis, parce que mon prochain album sortira en décembre et il s’intitule « ÑUN », c’est-à-dire Nous en Wolof.

– Wow !!! M’exclamai-je.

– (Il lâcha un petit sourire rempli d’humilité)

– Mec, tu es clairement ce qu’on appelle un Great Leader. Des gars comme toi sont très précieux pour construire l’Afrique de demain, mais malheureusement ils sont très rares. Et tu sais quoi ? Ma première collection vient à peine de sortir mais je bosse déjà sur la deuxième. Elle sera justement dédiée aux mecs comme toi.

– Une suite à ta collection « Ndoomu Burr » dont tu me parlais tout à l’heure ? Et comment l’as-tu baptisée ?

« Kilifeu ». Et je compte faire le show de présentation ici chez toi si tu es d’accord. 😉

Voici chers lecteurs l’histoire de ma première rencontre avec Alibeta. Je tenais à vous la partager pour que vous sachiez que les Kilifeu ne sont pas forcément des chefs d’entreprise, des chefs d’état ou des hommes politiques. Les vrais Kilifeu sont certes rares, mais il en existe partout sur notre continent. A chaque fois que vous rencontrerez un Africain, homme ou femme, qui fait preuve d’une profonde humilité sur le plan personnel, et d’une volonté de fer afin de transformer sa communauté, sachez que vous êtes en face d’un Kilifeu. Comme ce monsieur qui se surpasse pour impacter la commune de Ouakam. Depuis notre première rencontre, Alibeta est devenu pour moi un ainé, une véritable source d’inspiration et même un ami. Et comme tout ami, je lui ai donné un surnom : « Kilifeu Saliou ». Parce qu’il le vaut bien. 🙂

Crédit photo : Andrew Oberstadt